jeudi 15 juillet 2010

Aquarelles

Elle régressera de plus en plus, elle repartira en arrière. Il se peut même qu'à la fin elle ne sache plus parler qu'espagnol, sa langue maternelle. C'est ce que m'a dit l'infirmière.
Moi je vois une petite vieille décharnée essayant de deviner le monde qui l'entoure au travers du tain de ses yeux, essayant de comprendre où elle est, ce qui lui arrive. Ses facultés intellectuelles l'ont abandonnée et voici qu'elle fonctionne avec son intuition, qu'elle s'accroche comme une enfant aux incompréhensions qui sont maintenant l'essentiel de sa vie.
Je me souviens bien sur de la belle femme, la première dont je fus amoureux. De la brune espagnole des années cinquante qui fit craquer mon père. De son parfum.
Lui, il usa de tous ses charmes d'aviateur et de chanteur pour la conquérir, pour la garder. Jusqu'au bout il la garda, cet égoïste.
Il ne nous laisse aujourd'hui qu'une ombre évanescente que l'on essaie de conserver encore un peu. A qui l'on ne peut plus ni donner ni retirer grand-chose.
Juste un peu sur la fin de sa vie quelques fines touches d'aquarelle pour finir le tableau.
Juste un petit peu de soin, un peu d'amour.

1 hihans:

Anonyme a dit…

coucou papounet !!!
je viens de lire le texte sur mamie, si triste !!! et si bien ecrit !!!
bisous je t'aime
laure