vendredi 27 novembre 2009

Et puis comme il faut tout faire soi-même...

http://www.cepidc.vesinet.inserm.fr/
Allez voir là-bas, faites une interrogation des données sur l'année 2007 par exemple.
Vous comprendrez pourquoi les informations données par le ministère de la santé sont partielles (voire partiales).
Morts de causes inconnues ou non précisées : 12419 en 2007 en france.

Faux qu'on m'explique

Donc, d'accord, je me suis fait vacciner (c'est une fiction, j'ai pas encore reçu mon bon, si je le reçois un jour...). Donc je me suis fait vacciner, je suis un homme responsable, je ne pense pas qu'à moi, je ne suis pas égoïste, ou plutôt la pub à la télé m'a fait flipper comme un dauphin. Un truc comme ça.
Je vais voir au choix un couple d'amis ayant un enfant en bas âge, une vieille grand-mère, une personne réputée fragile, quoi.
Malencontreusement dans le métro, le train, l'avion (que sais-je) des malappris ayant contracté la grippe (ou des malchanceux n'ayant pas reçu leur bon de vaccination) n'éternuent, me postillonnent, m'embrassent, me serrent la main, enfin font avec moi des choses dégoûtantes que la morale réprouve.
Je suis donc vacciné, serein comme un canari et porteur tout de même du virus, que je m'empresse de transmettre à l'insu de mon plein gré ou à l'une des personnes fragiles sus-visées.
Dites Madame Bachelot, j'ai tout compris ou la campagne de vaccination c'est comme un coup de quart chère dans la nature : ça crève tout sauf ce qu'on aimerait voir crever et en plus ça aide le virus à muter ?
Et les laboratoires pharmaceutiques à prospérer ?
Ça serait un peu de la logique libérale appliquée à la médecine : on remplace l'intelligence par la pensée unique, l'adaptation par le systématisme ?
Enfin, moi je ne suis pas spécialiste, faut qu'on m'explique...

Parlez
Parlez dans l'hygiaphone
T'as pas besoin d'sonner
Demande a l'interphone
Si t'as envie d'quelqu'un
Décroch'ton téléphone

Comme ça a s'regarder
chacun de chaque cote
On a l'air de mérous
coinces dans l'aquarium
Mais faudra qu'entre nous
je casse le plexiglas
Et qu'un jour, Mimi,
je te parle en face
Que j'te raconte l'histoire
du p'tit ticket troue
Qui n'a jamais vraiment marché
pour aller s'balader

Téléphone - Hygiaphone

jeudi 26 novembre 2009

Nude dunes

mardi 24 novembre 2009

Né natif de quelque part

Pris sur le vif au téléphone portable, la remarque de notre cher ex-président « A mon avis, il n'est pas tout à fait né... natif de Lormont ». Il ne s'agit là que de l'expression de la bêtise ordinaire (voir la définition du raciste sur la colonne de droite).
A tel point que Juppé qui l'accompagne ne peut que renforcer ces paroles débiles : la connerie est la chose la mieux partagée ici-bas.
J'ai même, une autre fois à la télé, entendu un noir dire que nous avions la couleur des pissotières... C'est très vrai, mais aussi con.
Le drame n'est pas que nos dirigeants soient des hommes comme les autres, capables du pire comme du meilleur, le drame c'est que ces dirigeants, pour lesquels nous avons voté ne se sentent pas alors investis d'une mission qui les dépasse et qui nécessite de museler leur bêtise ordinaire devant la grandeur de la charge.

Maudits soient ces enfants de leur mère patrie
Empalés une fois pour toutes sur leur clocher
Qui vous montrent leurs tours leurs musées leur mairie
Vous font voir du pays natal jusqu'à loucher

Georges Brassens - La ballade des gens qui sont nés quelque part

lundi 23 novembre 2009

L'envol

samedi 21 novembre 2009

Quand les actes dépassent la pensée, ou la politique des pulsionnels

Le général Göering disait, dit-on :"quand j'entends le mot culture, je sors mon révolver". Et il fit exterminer un nombre incalculable d'intellectuels, certains étaient juifs ou communistes. Ou les deux.
Plus près de nous, et toujours aussi parlant, le ptit Nicolas avec sa gouaille franchouillarde pense :"la littérature c'est pour les pédés" et ipso facto, Frédéric Mitterrand est nommé ministre de la culture.
Ouf ! On l'a échappé belle...

vendredi 13 novembre 2009

Les instants dorés

La photo en dessous, celle prise en Camargue un matin de mars ou d'avril, alors que le vent soufflait à tout rompre fait partie de ces instants dorés. La lumière et le rose dans l'eau dit que c'en est indiscutablement un, mais pas seulement.
Ce que j'appelle instant doré, de ce mot que j'ai gardé jusqu'à maintenant tout au fond de moi, n'y faisant allusion que de loin en loin et du bout des lèvres, que je livre maintenant comme on offre une liqueur, que je livre à travers un écrit et une photo, c'est la sérénité.
Ce n'est pas celle que l'on n'obtient pas au bout du désir, c'est celle qui advient.
C'est celle qui s'impose, qui fait sa place comme un bouddha obèse sur le sofa du conscient, qui prend d'un coup toute la place.

Je n'exposerai pas cette autre photographie qui montre la transparence de l'aile d'un héron en plein vol, transpercée par le soleil levant. Celle là doit être perdue sans doute et peut être est ce aussi bien qu'elle le soit, c'est une photographie de la performance et la performance tue souvent le sujet.

mercredi 4 novembre 2009

3 canards


Camargue - 1978

lundi 2 novembre 2009

De l'identité nationale

N'en déplaise à certain qui manipule les thèses fascistes comme un apprenti sorcier manipulerait de la nitroglycérine, l'identité nationale ne se résume pas à des symboles.
Certes, pour monter au front la gnôle au fond du ventre et les testicules rétrécis, il fallait en avoir de l'identité nationale. Si c'est de celle là que l'on parle je n'ai rien à dire, j'essaie plutôt de comprendre à qui profite le crime.
Enfin, ne remuons pas les tristes fantômes des générations sacrifiées à un idéal imbécile.
De l'identité nationale donc, je peux en parler autour de valeurs. Autour de celles toutes simples qui ornent le fronton de nos mairies, de celles si souvent bafouées inscrites dans notre déclaration des droits de l'homme. De celles de générosité, d'accueil, d'intelligence, d'amour qui sont la synthèse du meilleur des civilisations germaniques, celtiques, méditerranéennes, orientales, extrême-orientales qui sont le creuset de notre nation.
Si je suis français, ce n'est pas parce que j'ai une carte d'identité, c'est parce que je me sens porteur de certaines valeurs.
Alors si l'on parle d'identité nationale, je veux bien qu'on parle de ces valeurs là, et je veux bien qu'on décerne la nationalité française à tous les humains qui se déclareront porteurs de ces valeurs-là, en oubliant dans un coin les concepts étriqués de nation.

samedi 31 octobre 2009

A perdre conscience

A perte d'âme vers ces lieux loin là bas, je suis le cours de cette rivière sombre et étrange, de cette rivière dont j'ai rêvé maintes fois.
Cette rivière a un secret pour moi, est un mystère pour moi. Je ne suis pas sûr qu'il ne soit pas funeste. Je ne suis pas sûr qu'il le soit non plus.
Je sais qu'il est fondateur.
Alors je rêve et je me rends compte que je tourne autour que de nombreuses excuses, de nombreuses raisons, que de nombreux empêchements oniriques m'en éloignent.
La fréquence ne m'en rapproche pas nécessairement, la réflexion me fait avancer.
Je n'ai pas peur, je sais que l'issue sera naturelle je sais qu'elle sera éclairante et que les sombres flots s'illumineront tout à coup.
Je ne sais pas quel sera alors le paysage, je sais qu'il sera clair et connu.
Je sais que je le reconnaitrai.
Que je l'aimerai.
Comme une renaissance.

lundi 26 octobre 2009

Pour en finir avec Frédéric Mitterrand

La «liberté d'expression ne doit pas être le prétexte à des dérives incitant à la haine ou à la violence»
Frédéric Mitterrand


Y inclut il la violence sexuelle ? Celle subie par les femmes, celle subie par les enfants des pays de "tourisme sexuel" ?
Raconter ses pires turpitudes pour les faire porter par d'autres, pour les faire absorber par la conscience collective, en pensant qu'une faute avouée est pardonnée est le signe d'une grande lâcheté ou d'un grand mépris de la loi.
La perversion n'est pas choisie, elle a sa source dans les méandres sombres de l'esprit humain, là où n'intervient pas la loi, tout près de l'animal qui dort encore en nous.
Le choix d'un tel Ministre par le Prince n'est-il pas le signe d'une même approche de la loi ? D'une communauté de classe ?
La loi est bonne pour la plèbe, l'aristocratie peut répondre à ses pulsions.

Une fin de règne je vous dis...

vendredi 23 octobre 2009



Toulouse - Rue Merlane 1978

mardi 20 octobre 2009

Nous n'avons pas les mêmes valeurs

Que Frédéric Mitterrand s'offusque de voir le rappeur Morsay "niquer la police municipale" m'amuse beaucoup. C'est vrai que lui nique ailleurs puis qu'il est énormément excité par les "rituels de foire aux éphèbes, de marché aux esclaves".
Moi malgré toutes mes perversions, je suis finalement beaucoup plus traditionnel.
Mais il est vrai que je ne suis pas un grand artiste.

La «liberté d'expression ne doit pas être le prétexte à des dérives incitant à la haine ou à la violence»
Frédéric Mitterrand

lundi 19 octobre 2009

Les mêmes qui...

Les mêmes qui ont utilisé la mise à la retraite anticipée pour rendre plus profitables leurs entreprises.
Les mêmes qui de ce fait ont empoché des salaires mirobolants.
Les mêmes qui aujourd'hui licencient après avoir étranglé les salaires au maximum.
Les mêmes qui aujourd'hui nous accusent d'obérer l'avenir de nos enfants.
Les mêmes qui placent maintenant leurs économies en paradis fiscaux.
Les mêmes nous traitent aujourd'hui de fainéants et nous verraient bien travailler jusqu'à la mort.
Les mêmes aujourd'hui nous font des leçons de morale et d'économie.
Et nous, nous les laissons dire.
Serions nous à ce point imbéciles ?

dimanche 18 octobre 2009

La belladonna



Maryline - Ferme de Picotalent/Saverdun - 1982

La prière




Saintes Maries de la Mer - 25 Mai 1979

dimanche 11 octobre 2009

La mala vida

Non, je ne vais pas ajouter ma voix au concert des loups. Je ne vais pas ajouter ma voix au pluriel des accusateurs.
Frédéric Mitterrand et très fin et très intelligent. Ceux qui se frottent à lui le comprendront vite. Sa force, c'est justement ce que d'autres imaginent être sa faiblesse. Sa force, c'est son homosexualité, acceptée, exhibée, vendue en littérature.
Sa force c'est sa différence, c'est elle qui lui permet de répondre là où tout autre se serait trouvé à court d'argument.
Ce qui me révolte c'est l'utilisation de cette position de faiblesse présumée pour échapper au destin commun, à la loi :
Polanski est un miraculé du ghetto juif de Varsovie ET un cinéaste génial et sulfureux ; on ne va pas l'embêter maintenant avec une histoire de viol sur mineure qui de plus date de trente ans.
Mitterrand est un homosexuel victime d'homophobie ET qui de plus est un bon écrivain et qui en tant que tel a le droit de soutenir son ami cinéaste.
Mitterrand joue sur la confusion pour répondre à ses accusateurs (vous m'accusez de pédophilie homosexuelle parce que je suis homosexuel et que je soutiens un pédophile présumé) : la finesse de sa défense dépasse de loin la grossièreté de l'attaque.

jeudi 8 octobre 2009

Parler en marchant

Je comprends maintenant pourquoi les anciens transmettaient leur savoir en marchant. Il y a dans la marche un je-ne-sais-quoi qui rend l'humeur plus douce, l'esprit plus ouvert, l'âme plus libre.
Quand je marche au milieu des grands pins je sais bien qu'eux préfèreraient entendre le "parler noir", celui de Manciet qui foulait ces allées de sable bien avant moi.
Alors, j'avance à petits pas prudents, modestement, je n'élève pas le ton pour ne pas les effrayer.
J'essaie de me faire accepter, de leur faire accepter la douceur et le rythme de ma langue natale.
Je tente de placer mes mots en toute poésie, en bonne intelligence.
Je sais qu'ils m'entendent et ils me montrent parfois leur sentiment en tendant vers moi la caresse d'une branche.
Ils savent que je viens en toute amitié, pour parler.

mercredi 7 octobre 2009

Le prince et les courtisans

Je me le disais l'autre jour, c'est fou ce que Frédéric Lefèbvre a repris de tics de Sarkozy : le même phrasé, les mêmes grimaces, le même contenu. Et cette incroyable obséquiosité envers son chef qui tourne au ridicule et qui est la plus évidente démonstration de sa servilité absolue.
De même pour le converti Éric Besson, qui redouble de zèle et d'abjection pour envoyer chez eux des afghans dont nous savons tous que peu survivront à ce retour.
C'est que le prince a fait ce qu'il fallait : il s'est montré suffisamment cruel et vindicatif avec ses ennemis pour effrayer ses amis. Et c'est bien le but recherché : tous savent qu'il vaut mieux rester dans les faveurs du prince.
Et lui de jouer de leurs peurs, de leur lâcheté : plus il les brutalise et plus ils seront obéissants. Le dressage fonctionne parfaitement.
Qu'il se méfie cependant car l'obéissance ainsi obtenue se transformera rapidement en haine dès que le prince mettra un genou en terre.
Et ceux qui l'adoraient autrefois seront les premiers à se jeter sur ses restes pour les détruire, détruisant ainsi (ils l'espèrent) les traces de leur ignominie.

Un prince s'il est sage doit savoir se conduire en tous temps et en toutes manières de sorte que ses sujets aient besoin de lui. Ils seront ainsi mieux disposés à le servir avec zèle et fidélité

Nicolo Machiavel

vendredi 2 octobre 2009

A Marquèze

On est partis comme ça, un peu au hasard. Tout le long du chemin qui se dessinait entre ajoncs et pins on a parlé des jeunes, de leur difficulté à s'inscrire dans la brutalité du monde présent. De la nécessaire décroissance qu'il faudrait aménager pour qu'elle détruise le moins possible. Qu'elle soit la moins cruelle possible pour nos enfants habitués à l'indolence et à la facilité.
Le sol était par endroits complètement retourné par les défenses des vieux sangliers et la marche devenait difficile. Et puis tout à coup le chemin changea, s'aéra à l'endroit où un grand chêne écartait ses branches comme pour offrir son hospitalité. C'est juste en dépassant l'arbre que j'entendis le bruit de l'eau.


Le bruit de chute presque furieux de l'eau retenue, de l'eau que l'on contient pour qu'elle exprime toute sa force, sa puissance : le moulin de l'Escamat me dis-je.
C'est après avoir cherché un passage à travers le marais que de l'autre coté du pont vermoulu s'ouvrit pour nous l'airial de Marquèze.

Le grand pas en avant

Ouf ! Jusqu'à présent le parti socialiste était au bord du gouffre, mais grâce à la consultation militante, il a fait un grand pas en avant !
Bon je sais c'est archi-nul comme vanne, mais je n'ai pas pu y résister. Quand je vois la fierté pitoyable de la mère Aubry et de ses condisciples, je m'inquiète pour l'avenir de mon pays. Parce que depuis la rentrée politique (eh oui, les politiques, eux, ont pu partir en vacances) on parle beaucoup de stratégie, de modalités de partage du pouvoir mais d'idéologie, que nenni.
Rien, pas l'ombre d'un projet ou d'un programme.
Et pourtant le sujet est vaste et voici deux questions que l'on peut se poser, entre autres :
Politique extérieure : pour enrichir quelques privilégiés nous sommes en train de détruire une partie de l'humanité et au passage sans doute notre belle planète. N'y a t il rien à faire ?
Politique intérieure : malgré tout ce qu'ont tenté les néo-libéraux, faire des économies sur le social n'allège pas la dette publique, bien au contraire. N'y a t il pas de solution alternative ?
Oui d'accord, je suis un idéaliste mais il va bien falloir un jour ou l'autre proposer une alternative aux propositions démentes de la pensée unique et libérale actuelle.
Une alter-politique pour un autre monde ?
Là ce serait vraiment un grand bond en avant ! Et qui sait, nous pourrions peut être passer de l'autre coté du gouffre ?

jeudi 1 octobre 2009

La politique du pulsionnel

Hortefeux a mis en cause «les juges d’application des peines qui ont pris la décision de libération conditionnelle» du meurtrier présumé. «Il est parfaitement inacceptable que ce criminel sexuel ait été remis en liberté. C’est dans ces conditions qu’il a, hélas, récidivé».
Une réponse pulsionnelle à un acte pulsionnel. Hortefeux ne se situe pas dans une approche différente de celle du meurtrier : au lieu d'intervenir avec la réflexion qui sied aux représentants du pouvoir, il réagit en surfant sur la vague de la pétoche publique.
Parce que les français sont pétochards : plus le crime est proche d'eux et plus la peur est grande.
Qui s'inquiète de la famine en Afrique de l'Est, qui va tuer certainement des milliers de personnes et qui est bien un meurtre perpétré par un système qui sait qu'en se privant de 10% du budget publicitaire, il pourrait les sauver ?
Qui s'inquiète de la violence faite par quelques malfrats aux habitants sans défense de nos banlieues ?
Où était-il Hortefeux lorsqu'il s'agissait de traiter humainement les migrants échoués sur nos côtes ? Où est-il aujourd'hui face à la violence quotidienne qui ne cesse de monter ?
Il préfère comme son ami Sarkozy faire semblant de réagir et prendre des décisions de façade.
Certes l'assassinat de cette femme est tragique, mais il est indécent de s'en servir pour faire passer des idées d'extrème droite et flatter les français dans ce qu'ils ont de plus lâche.

PS : Et Frédéric Lefebvre de réclamer la castration chimique... C'est vrai que pour Polansky ce n'est plus vraiment utile : la lune de fiel est dans un cul de sac.

mercredi 30 septembre 2009

Ne tirez pas sur le patron orange

C'est surtout que ça ne sert à rien. Regardez-le ce pauvre homme (oui, d'accord pas pauvre financièrement, pauvre humainement) c'est juste un imbécile. Un con qui a cru ce qu'on lui racontait : mais oui c'est posssssible, on peut faire encore et encore et encore du profit. On peut, comme Picsou se baigner dans de gigantesques piscines de louis d'or.
D'ailleurs, je vous le dis, changez de patron, faite le démissionner et je vous fiche en mille (euros) que vous en toucherez un aussi con que celui-ci, avec le risque qu'il le soit encore plus.
Je dois faire un complexe de supériorité, je me sens tellement plus intelligent que ces gens-là. J'ai la conviction que tout doit être mesuré, que nous devons intervenir sur ce monde avec la plus grande délicatesse.
Voilà c'est ça sans doute que je dois détecter dans ces capitaines d'industrie : ce sont des balourds, des rustres, des gens sans délicatesse.
En votant lors de la présidentielle, vous avez ouvert la porte plus grande à l'indélicatesse, à la brutalité. En acceptant tout et n'importe quoi par lâcheté ou par intérêt, vous avez accepté que l'on vous traite encore plus durement.
Alors ne vous étonnez pas que d'un coté on se félicite et de l'autre on se suicide.
Alors, il ne vous reste plus malheureusement que deux issues : la désobéissance ou la mort.

lundi 28 septembre 2009

Ne tirez pas sur le cinéaste polonais

Le chœur des vierges s'indigne de l'arrestation de Roman Polanski. Certes cet homme est un immense cinéaste, j'en conviens, certes il est l'ami personnel de Bernard Kouchner et de Frédéric Mitterrand, certes.
Mais ne devrait il pas être justiciable comme un autre ?
Tous ont l'air de considérer que de coucher avec une mineure de treize ans n'est pas une affaire, d'autant que ce brave Polanski a échappé à la justice américaine durant trente ans.
Or dans notre pays comme aux Etats Unis, on considère qu'une enfant de treize ans n'est pas en capacité de décider pour elle même. La majorité sert à ça aussi, pas seulement à modifier les équilibres électoraux.
Donc lorsque l'on est "people" ont a le droit de droguer puis d'abuser d'une mineure sans être inquiété plus que ça, sans que cela soit considéré comme un viol, sans répondre pour ça devant la justice.
Le monde m'étonne de plus en plus : finalement, pour être pédophile, il suffit d'être pauvre alcoolique et pervers.
Lorsqu'on est riche, cocaïnomane et pervers on est juste accusé de relations sexuelles illégales.
A propos, l'UMP apporte son soutien à Roman Polanski, c'est tout dire !

lundi 21 septembre 2009

Ouf, on l'a échappé belle

Nos chers hommes et femmes politiques vont enfin pouvoir respirer en paix et ôter le gilet pare-balles qu'ils portaient depuis 2008, au risque de claboter bêtement d'une canicule impromptue : après maints rebondissements, la mystérieuse et terroriste cellule 34 a été arraisonnée.
Bon, il s'agissait d'un pauvre, handicapé et mécontent du mood actuel (comme dirait Didier Lombard).
Pourvu que son exemple ne fasse pas tâche d'huile et que les patrons voyous, futures victimes potentielles de ce genre d'exactions ne soient pas frappés par le mood de l'envoi de balles de fusil, et cette fois-ci pas par la poste.
Et -mais là j'imagine le pire- que les malades incurables saisissant la balle au bond (si j'ose dire) et n'ayant plus rien à perdre se fassent bombes humaines ?
Et que les pauvres, ne pouvant plus faire la bombe, prennent un fusil et, par un artifice de feux d'artifices, se mettent à tirer ?
Et....
"Mais, ce serait une révolte !
- Non, Sire, une révolution."
Ouf, heureusement qu'on a fermé la cellule 34.

mardi 15 septembre 2009

Vive la sociale



Salle des Sports - Morcenx, septembre 2007

lundi 14 septembre 2009

Ici et là

Ici et là, et souvent deux fois plus là qu'ici, je me pose et mon regard s'en va en chaloupant.
Il suit l'eau liquide qui coule en chuintant, caressant les ronces au passage.
Je sens le soleil traverser ma peau, me chauffer jusqu'aux os. Je sens aussi l'air qui m'enveloppe, chargé de parfums d'herbe et de vase, parfois tiède et parfois froid.
Je suis ici et je suis là. Et souvent deux fois plus là qu'ici.

samedi 12 septembre 2009

Au chagrin pour une misère

C'est vrai, beaucoup de salariés de France Télécom travaillaient autrefois dans une entreprise nationale. Ils avaient un management paternaliste, ils se savaient intouchables ou presque. Il leur suffisait de travailler à peu près correctement pour être assurés d'une pitance correcte et d'un toit sur la tête, d'études pour leurs enfants. Ils consommaient paisiblement, s'achetaient une voiture à crédit et partaient trois semaines en vacances. Et votaient parfois à droite parce que comme ça rien ne changerait. Ils allaient au chagrin pour une misère mais ils espéraient.
Ils espéraient.
Mais à force de ne rien vouloir changer, on glisse vite dans le laisser faire.
Et là, le réveil est parfois brutal.
Brutal comme les nouveaux styles de management "modernes" : management par l'angoisse, par la peur. Management par la double contrainte qui terrorise les salariés au sens propre comme au figuré.
Management bestial et imbécile qui remplace le désir par la crainte et qui fait de tous les les anciens camarades de travail des concurrents, de tous les salariés d'une entreprise des ennemis en puissance.
Puisque dans cette horde recréée à des fins de profit maximum, tous les coups sont permis, et même encouragés, pourquoi ne pas tout essayer, pourquoi ne pas laisser aller ses pulsions sadiques, dans ce monde où tout est pulsionnel ? Pourquoi ne pas laisser aux petits chefs la bride sur le cou, pour voir ce que ça donne, pour voir ce que ça produit ?
Puisque dans cette société la richesse doit être sans complexe, puisque la consommation est reine, puisque ...
Tiens une crise passe par là, comme le silence d'un ange. Les consommateurs ne consomment plus. Mais les objectifs restent les mêmes, les profits doivent continuer, le service de recouvrement sera délocalisé à Maurice.
"Et si je n'y vais pas ?
- d'autres iront à votre place..."
Et là je m'élance, je m'envole, je suis un ange.
Et puis le silence...

Que ce travail, haï des mères, soit maudit !
Maudit comme le vice où l'on s'abâtardit,
Maudit comme l'opprobre et comme le blasphème !
Ô Dieu ! qu'il soit maudit au nom du travail même,
Au nom du vrai travail, sain, fécond, généreux,
Qui fait le peuple libre et qui rend l'homme heureux !

Victor Hugo
Les contemplations

lundi 7 septembre 2009

Chère sécu,

Il y avait longtemps que je ne t'avais pas écrit, et je t'ai envoyé deux lettres en moins d'un mois.
La première pour te dire qu'après plusieurs années d'absence, je revenais dans ton giron et je te redemandais protection. Tu m'as répondu avec générosité que tu ne m'en voulais pas et que j'étais toujours le bienvenu.
La deuxième lettre était pour t'annoncer que j'avais eu quelques frais, et que je te demandais de bien vouloir m'aider à les régler...
Et là je t'écris juste pour te dire que j'aime ta façon de faire, maladroite parfois, mais toujours généreuse.
Je te fais de grosses bises
Etc Etc.

Voila, c'est ça la Sécu, une mère pour nous, pour nous tous.
Quelques uns cependant lorgnent vers les états unis et souhaitent nous imposer les même règles que là bas : mutuelle privée pour tous, rien pour ceux qui ne peuvent pas payer et jackpot pour les assurances et les laboratoires. Pour mémoire, se soigner aux USA coûte environ le double qu'en france.
Après les "subprimes" auxquelles nous n'avons échappé que de justesse, la bande à Sarko essaie de nous vendre la sécu made in USA. C'est vrai que pour eux la santé est un service ou un produit comme les autres et qu'il est normal de s'enrichir aux dépends des cancers ou des scléroses en plaques de tout un chacun.
Humanisme, quand tu nous tiens...

Et bougre de bougre, voila ty pas que je reçois un coup de fil ce soir. "Inconnu" annonce mon portable. Je décroche. J'aurais du me méfier : une pintade au bout du fil me propose de réduire mes impôts. Le dialogue a été très court, je lui ai répondu que je trouvais sa proposition indécente et j'ai raccroché.
Honnêteté, quand tu nous tiens...

dimanche 6 septembre 2009

Uqbar

Dans sa description de ce monde imaginaire créé par une société secrète, Borges ne s'attarde que sur certains aspects puisqu'il n'a pas eu en main la totalité de l'encyclopédie.
Certes, ces informations sont intéressantes, notamment sur la séparation de la cause et de l'effet prôné par la physique de Uqbar, qui mène à des considérations synchronicistes : plus de fumée sans feu, il y a du feu et de la fumée, sans obligation de relation entre ces deux affirmations. Une approche tout simplement phénoménologique.
La découverte d'autres volumes du Livre eut pu mener à des considérations intéressantes sur l'arithmétique de Uqbar et qui aurait sans doute expliqué la géographie quelque peu étrange avec les régions de Mlajnas et de Tlön.
La numération quant à elle était basée sur une alternance entre le système décimal et le système octal. Les chiffres passaient des unités aux dizaines, mais les dizaines s'arrêtaient au nombre de 7 (77 dans notre numération) et passaient ensuite à l'équivalent des centaines.
Ce qui peut conduire à l'idée d'une amputation rituelle de doigts chez les scribes et les mathématiciens. Cette amputation ne pouvant être effectuée sur le pouce puisqu'elle aurait entrainé des difficultés d'écriture, tout porte à croire que les auriculaires des deux mains étaient sacrifiés.
Les symboles eux aussi étaient différents de ce que nous pourrions imaginer : un trait pour les unités, ensuite un cercle pour compter les dizaines, un triangle pour les octaines, un triangle contenant un cercle pour les milliers. La symbolique s'arrêtait là puisque le symbole de rang supérieur était le navire, qui représentait ce que pouvait contenir au maximum une nef de cette époque. On pouvait donc compter deux navires, dont l'un contenait 500 jarres d'huile et 1000 sacs de blé et un autre navire contenant 340 jarres et 500 sacs et 46 moutons.
L'embryon d'écriture symbolique n'allait pas plus loin et les denrées comptabilisées étaient représentées par leur image : un mouton comme symbole du mouton, un sac comme symbole du sac.
Je n'ai pas eu en main le volume traitant de la langue Tlönnienne et je le regrette, bien que certains éléments du premier volume trouvé (par Borges et discuté avec Bioy Casares) en dévoilent l'étonnante complexité.
Quant à l'hypothèse de conspiration visant à transformer notre monde en réplique de Tlön, je la trouve tout à fait plausible, puisque Charles XII de Suède, inventeur de la numération octale fut le roi le plus puissant d'europe vers 1708 puis se réfugia dans l'empire Ottoman après sa défaite à Poltava où il put sans nul doute prendre connaissance des manuscrits qui furent à l'origine de l'article de l'Anglo-American Cyclopædia

« Les miroirs et la copulation sont infâmes, puisqu'ils multiplient le nombre des hommes » (l'Hérésiarque)
Borges
Tlön, Uqbar, Orbis Tertius
Ficciones